L’importance des repères temporels chez le jeune enfant

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Un, deux, trois..! Les routines et les rituels, c’est pourquoi?

Dès sa naissance, le bébé parvient à comprendre comment fonctionne le monde grâce à la régularité des actions qu’il vit. Au fil des expériences, il reconnaitra, par exemple, les pas de sa mère s’approchant de sa chambre et cessera de pleurer. Rassuré par la connaissance de la suite de l’échange, il pourra apprendre à attendre et à réguler ses émotions.

Dans le domaine de la Petite Enfance, les activités de routine regroupent classiquement l’accueil, les repas, les soins, les siestes et le départ : ce sont des moments-clé de la journée du tout-petit qu’il va retrouver chaque jour. Dans le quotidien du trottineur, les routines peuvent prendre jusqu’à 40% de son temps.

C’est donc un terrain propice au développement de son autonomie : par l’expérimentation, il apprendra quelles sont les actions nécessaires à réaliser pour parvenir à manger tout seul, à se laver les mains ou à participer à l’habillage.

Au fil des répétitions, la routine sera maîtrisée, elle s’automatisera et pourra se réaliser en dehors du champ de la conscience. Cela permettra à l’esprit de l’enfant de s’orienter sur d’autres tâches que l’exécution des différents gestes nécessaire à l’action (praxies).

Une routine, c’est une habitude acquise qui nous incite à faire de la même manière une série de gestes à une fréquence donnée.

Le jeu du « caché-coucou » est une des premières occasions pour le tout-petit de faire l’expérience de la temporalité. Porté par le plaisir du partage émotionnel, il apprend non seulement les prémices des habiletés sociales mais également l’anticipation et la compréhension de la succession des événements.

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Mais dans le développement de l’enfant, il arrive que certains de ces apprentissages demeurent difficiles à acquérir. Il est alors nécessaire d’offrir certains appuis, dont notamment la démonstration, la verbalisation et le séquençage de la tâche :

Regarde, ta sœur! Elle sait mettre sa veste toute seule ! D’abord, elle l’attrape. Puis elle la pose comme ça par terre. Après, elle met une main là, puis l’autre là. Et elle lève haut les bras vers l’arrière ! 

Durant les routines, il est conseillé de parler à l’enfant afin de lui transmettre leur raison et leur utilité. Par exemple, « on enlève ses chaussures à l’entrée, on met ses pantoufles car comme ça, l’appartement demeure propre, on peut jouer par terre et on ne glisse pas quand on se déplace ». L’encouragement et la félicitation sont des pratiques éducatives qui devraient accompagner ces apprentissages.

Le rituel du coucher est l’occasion de se préparer ensemble à l’endormissement, moment où il est nécessaire d’être en confiance pour se laisser emporter par le sommeil. En fonction des saisons, des périodes scolaires ou de vacances, il est constitué de la mise en pyjama, du souper, du lavage des dents, d’une histoire et d’un câlin.

De manière générale, les rituels et les routines structurent la journée : ils l’organisent en une succession d’évènements connus et récurrents. Ils permettent à l’enfant de se situer concrètement dans l’espace-temps et contribuent à la construction des représentations temporelles (développement des compétences cognitives).

Les routines rassurent l’enfant et contribuent au renforcement de son sentiment de sécurité affective. Elles lui permettent d’anticiper les événements à venir (besoin de prédictabilité) et l’invite à la planification des tâches.

Elles lui donnent l’occasion de faire l’expérience de l’attente, d’exprimer ses envies, de faire des choix (développement des habiletés sociales).

Mais comment gérer les moments de routines lorsque l’enfant les utilise pour s’affirmer ?.. Pour faire traîner l’échange ?.. Ou encore pour faire tout, sauf ce que l’on attend de lui ?!?

Pour limiter les interactions conflictuelles et permettre à l’adulte d’exercer son autorité de manière bienveillante, il est utile d’utiliser un objet qui médiatise la relation. Cela peut être la liste des actions à réaliser (sur supports écrits/visuels) ou l’utilisation d’un minuteur qui permet d’anticiper la fin de l’activité (sablier, minuterie, Time-Timer). Afin de dépasser l’ensemble des difficultés présentes dans le quotididien de nombreuses personnes présentant des besoins éducatifs particuliers, certaines adaptations de l’environnement sont les bienvenues. Reprenons par exemple quelques principes décrits dans notre article sur les règles d’or d’une intervention de qualité auprès de personnes présentant un TSA:

N’oublions pas de relever les principales recommandations d’accompagnement adapté éprouvées et évaluées depuis plusieurs décennies auprès des personnes à besoins éducatifs particuliers :

Besoin de stabilité

Besoin de clarté, de précision

Besoin de récompenses

Besoin de communication

Besoin de répétition

Besoin de temps (d'adaptation et de compréhension)

Voici quelques exemples de routines et de structurations temporelles:

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En espérant que l’ensemble du travail décrit dans cet article puisse donner des idées, de l’espoir, ou encore des pistes de travail pour de nouvelles situations, n’hésitez pas à partager avec nous vos propres références et stratégies!

A propos de l'auteure

Sophie Méan est la psychopédagogue d'autismes et potentiels. Elle rédige des articles de vulgarisation autour de la thématique du développement de l'enfant pour sensibiliser le public et informer les parents.

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